Greenland

Greenland- 12, 60 x 60 cm, 2021, virginie prokopowicz
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Greenland - 23, béton teinté sur panneaux, 80 x 80 cm, 2021, Virginie Prokopowicz
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Fragments d'horizon - Vue d'exposition
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Greenland - 22, béton teinté sur panneaux, 240 x 240 cm, 2021, Virginie Prokopowicz 2
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Greenland - 17, beton teinté sur panneaux, 160 x 120 cm, 2021, Virginie Prokopowicz
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Greenland - 5, béton teinté sur panneaux, 120 x 120 cm, 2021, Virginie Prokopowicz - © Ric
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Greenland - 13, béton teinté sur panneaux, 100 x 100 cm, 2021, Virginie Prokopowicz
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Greenland-  21, bétons teintés sur panneaux, 40 x 60 cm, 2021, Virginie Prokopowicz
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Expo Le Mur Novembre 2021 VP - © Richard Brives-4
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Bétons teintés dans la masse sur panneaux, feutres. Série en cours. 2020

Fragments d'horizon

D’inspiration brutaliste – style architectural émergeant au sortir de la Seconde Guerre mondiale –, les compositions abstraites minimales de Virginie Prokopowicz se distinguent par la récurrence des lignes de force qu’elle érige en noir sur panneaux bétonnés. Interrogeant le spectateur sur la question d’enfermement physique / psychique, elle inscrit sa nouvelle série Greenland dans la continuité de son projet Follow the line qui réunit des sculptures et une installation monumentale, élaborées à partir de matériaux issus du BTP, dont la grille de lecture s’articule tel le point de fuite d’une pensée qui voudrait se libérer d’elle-même, cédant à son conditionnement.

Dans ce voyage multidimensionnel, la puissance poétique de la forme géométrique se révèle : d’abord envisagée comme élément structurel, elle surgit présentement dans l’espace sous les traits d’un iceberg vert de terre qui, dans sa course souveraine, menace de heurter les figures essentielles à l’équilibre de l’œuvre-écosystème toute entière. Choix délibéré de la part de l’artiste, cette tension en suspens orchestrée de façon intuitive, par un ajustement minutieux du poids des couleurs, produit l’effet escompté auprès du public, chez qui la sensation de plaisir se transpose, ne découlant plus du rapport mimétique qu’entretient l’art avec le réel mais bien de l’attente d’un hypothétique dénouement à cette situation critique : cette toile nous concerne car elle nous parle d’elle-même et nous l’expérimentons pleinement pour ce qu’elle est. Se confrontant à l’horizontal par l’évocation d’un «ailleurs » autrefois rêvé, vaste panorama de berges idéalisées, la créatrice réactualise la notion esthétique du Sublime au sein de son travail, nous incitant à nous pencher au-dessus de nos abîmes de perplexité face à l’urgence écologique, sans nous laisser sombrer...

Chloé Macary